Vides d’ombres – Nature Morte

Dominique Cunin

Est-ce que le monde nous préexiste, ou est-ce qu’il est en constante génération en fonction de ce nous en percevons ? Phénoménologie de la perception, dans laquelle il n’existe pas de « réalité objective », où la perception serait telle « une figure sur un fond » ? Si les formes se détachent de leur fond, alors est-ce que ces formes jouent un rôle d’emporte-pièce et trouent ce fond en fonction de leur contour ?

Vides d’ombres – Nature Morte est un travail qui questionne l’image de synthèse en temps réel et la perspective linéaire sur laquelle elle repose. Le potentiel mimétique de l’image de synthèse s’accroît en même temps que la puissance de calcul des ordinateurs, rendant possible une représentation du réel toujours plus fidèle. Dans cette évolution, c’est aussi notre capacité à intervenir sur la réalité contenue dans la représentation qui augmente. En d’autre termes, plus il devient techniquement possible de construire une reproduction fidèle du réel et plus nous pouvons torturer, transformer, déstructurer cette construction pour qu’elle puisse nous montrer ce qui serait impossible de voir habituellement. Le thème de la nature morte permet ici de rappeler au spectateur que ce qu’il voit n’est qu’une image, d’autant plus éphémère qu’elle est recalculée plusieurs fois par secondes.

Pour l’observateur placé bien en face de cette scène, tout semble réaliste, mais rapidement le simulacre se dévoile. S’agit-il d’un simulacre engendré par la représentation photoréaliste ou par le système de représentation en trois dimensions et la perspective qu’il met en œuvre ?