Fictions

Mayumi Okura

Fictions est une installation interactive qui prend place dans une salle noire. À l’entrée de cette salle, des lampes torches sont mises à disposition sur un socle. Les spectateurs sont invités à se saisir d’une des lampes avant de pénétrer dans la salle. Une fois dans cet espace obscure, il est naturel d’allumer la lampe torche et d’éclairer les murs environnants afin d’appréhender l’espace dans lequel on se trouve. La lampe éclaire faiblement, et ne permet pas vraiment de voir en détail. Sur un des mur est projeté une image noire. Lorsque le spectateur pointe la lampe vers cette projection, il perçoit très clairement le halo de lumière de la lampe qui apparaît beaucoup plus distinctement que lorsqu’il éclaire un autre endroit.

En bougeant la lampe de façon à éclairer cette image noire, des mots apparaissent dans le halo de lumière pendant un bref instant. En effet, les mots semble fuir la lumières, comme s’ils en avaient peur. Plus le spectateur cherchera à découvrir ce qui se cache dans cette image en l’éclairant, et plus il sera amené à comprendre qu’un texte se dissimule derrière ce voile noire. Pourtant, il est incapable de lire ce texte car plus il l’éclaire, et plus il le déconstruit. Les mots, en s’évadant au moindre contact qu’ils ont avec la lumière, détruisent le sens du texte et sa cohérence.

(Eng)

Fictions takes place in a dark room. At the entrance, 2 Maglite torches are placed on a pedestal. The spectator is invited to take one of these lights, to switch it on and to enter in the room. By lighting the walls, the visitor will see a video projected realtime picture of his light’s halo on one wall. The real light’s halo and the projected one are the same, and they are on the same position in the projection area. When he will move his light to see what is projected in the black picture, he will see words fleeing from the light. For a very short time, these words are brightened, but they go away immediately, like small insects frightened by the light’s halo and taking refuge in the dark areas of the picture.
A text seems to be there, but no one will be able to read it, as this text is destroyed by the light moves, when it touches the words, and finally every word stays in the dark. The spectator himself becomes the light’s halo, as he tries to find a meaning to those fleeing words surrounded by darkness. If the fact that words disappear when they are hit by the light can engender a kind of frustration, the spectator comes quickly to the conclusion that he can use the few words he gets to generate his own fictions.