La petite fille aux allumettes

Mayumi Okura

En grattant une allumette, le spectateur déclenche devant lui la projection de l’image de cette allumette qui se consume. Dans cette projection,un petit paragraphe de texte se forme là où est la lumière. D’allumettes en allumettes, le spectateur se rend compte rapidement qu’il est en train de lire morceau par morceau le conte d’Andersen, La petite fille aux allumettes.

Ce travail est une forme de réponse à l’installation Fictions en inversant ses principes de base : le texte ne se déconstruit pas, mais se construit en fonction de l’action du spectateur et ce texte ne fuit pas la lumière mais la recherche. Mais au-delà de cette inversion, on trouve ici un rapport à la narration bien différent de l’installation Fiction. Afin de révéler le texte et de pouvoir le lire, le spectateur n’a pas d’autre solution que de gratter des allumettes. L’histoire qu’il découvre est celle d’une petite fille qui cherche à vendre des allumettes pour sa propre survie, et finit par mourir de froid après avoir eut une série d’hallucinations en regardant la flamme des allumettes.

En d’autre terme, le spectateur se trouve dans une situation similaire à celle de la protagoniste de l’histoire qu’il découvre.
C’est même une condition sans laquelle il ne peut pas lire la suite de l’histoire. Il y a une corrélation entre l’action engendrée par le spectateur et le contenu de la narration qu’il fait se révéler.

(Eng)

The Little Match Girl

In a dark space a matchbox and an empty can are placed on top of a pedestal. The spectator is invited to scratch a match, the empty can is used as a receptacle for used matches. When one scratches a match, he saw in front of him a video projection of this very same burning match.
The spectator is filmed and the video of his action is projected onto the wall in front of the pedestal. In the projection, we can see words gathering together where the flame’s light is situated in the picture. Once stabilized, these words are forming a coherent and readable text. By moving his match, the spectator can see the flame moving in the picture. The text follows the location of the light so that it is still readable. By a simple and natural gesture, most people will want to protect the flame with their hands, so that it does not suddenly extinguished. The projected image will then show the text that fits in the hand of the spectator, illuminated by the flame.